22.11.2007
Texte du manifeste
Université : Autonomie intégrale !
Nous ne nous laisserons pas prendre en otages par les marxistes et les libéraux. Les premiers refusent d'en finir avec une conception égalitariste de l'université désormais à bout de souffle, les seconds tentent de faire passer une énième réformette qui ne résout en rien le problème de l'enseignement supérieur en France.
Nous proposons
1) En finir avec l'idéologie égalitaire à la fac :
- désengager l'état de l'organisation des universités. C'est à la communauté universitaire (enseignants, personnel iatos, étudiants) et non au ministère de gérer les facs.
-Protéger les Humanités et la recherche fondamentale de la loi d'airain du marché. Les secteurs qui n'ont pas vocation à être mis en concurrence, mais à participer à l'élévation et à l'éducation du peuple français dans son ensemble doivent être préservés.
- Rendre à l'université sa double mission morale et sociale. A côté de sa mission classique de recherche et d'étude fondamentale, des filières courtes et professionnalisantes doivent pouvoir être proposées aux étudiants. Il n'est pas normal que l'université ne se soucie pas de l'avenir de ses diplômés.
- Valoriser les savoirs. Plus que des jobs précaires, l'enseignement supérieur doit former à des métiers reposant sur de véritables savoirs.
2) Contre la loi Pécresse, pour l'autonomie intégrale :
- Autogestion des universités. La loi relative à la liberté des universités ne fait que transférer plus de compétences de gestion budgétaires aux présidents et aux conseils d'administrations des universités. Elles devraient aussi pouvoir choisir ses étudiants, ses professeurs et vivre sur ses ressources propres.
- Défense de la communauté universitaire. La concentration de pouvoirs de décision dans les mains du président de l'université ne devrait se concevoir qu'au sein de conseils réellement représentatifs, et non d'assemblées croupions à la botte des syndicats ou du pouvoir en place.
- Retour à la sélection et à l'excellence. Plutôt que de réserver les filières d'excellence aux grands établissements et aux grandes écoles, une réforme pour l'égalité des chances en permettra la recréation au sein des universités.
3) Promouvoir les talents, contre la sélection par le fric :
- Réformer l'attribution des bourses. Toute personne ayant fait ses preuves doit pouvoir engager des études, même longues, sans s'en trouver empêcher pour des questions financières.
- Créer un chèque scolaire. Afin que chaque famille puisse orienter librement ses enfants vers l'établissement de son choix
- En finir avec l'étudiant consommateur. L'étudiant est aussi un citoyen, il doit pouvoir lier études, épanouissement professionnel et emploi futur en toute sérénité.
Réunion publique le 1er décembre, à 19 heures
ASIEM
6, rue Albert de Lapparent
75007 Paris
Collectif pour les Libertés étudiantes
http://libertesetudiantes.hautetfort.com/
00:00 Publié dans Propositions pour une nouvelle Université | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : libertés, étudiantes, antiblocages, facs, collectifs, université, liberté



Commentaires
Pas d'Etat, mais pas non plus de marché... Qui finance ?
Ecrit par : Un libéral | 23.11.2007
votre manifeste est ambigu, par exemple le 2), êtes-vous contre ou pour la sélection des étudiants?
Ecrit par : CNECB | 23.11.2007
@CNECB, pour corriger "l'ambigüité" de notre point 2), nous souhaitons qu'il soit mis en place une orientation en rapport avec les goûts et capacités de chacun pour favoriser la meilleure insertion possible.
Ainsi, il nous semble parfaitement injuste que des des psychologues tiennent des caisses de supermarché ou que des Bac+5 en sociologie soient des assistants pour des écoles maternelles.
Et cette orientation doit être mise en place dès la terminale et à l'entrée éventuelle à l'Université, par un ensemble d'informations sur la réalité des débouchés des différentes filières.
Ecrit par : Collectif pour les libertés étudiantes | 23.11.2007
@Un Libéral
Nous sommes contre la mainmise actuelle de l'État au sein des universités et le gouffre financier que représente l'égalitarisme excessif d'avoir autant d'étudiants, sans pour autant leur offrir de vrais débouchés. D'où notre action pour l'autonomie intégrale.
Mais nous pensons que l'Université ne doit pas être sous la coupe unique de groupes économiques qui ne voudraient défendre que leurs intérêts particuliers.
C'est pourquoi nous souhaitons des sources de financement diversifiées : collectivités locales, notamment les régions, le mécénat privé, par le biais de fondation, etc.
L'État continuera à participer, en effet, mais moins que dans le cadre actuel, avec des facilités fiscales regroupées dans le chèque scolaire. Chèque qui laisse le libre choix aux familles.
Ecrit par : Collectif pour les libertés étudiantes | 23.11.2007
> Mais nous pensons que l'Université ne doit pas être sous la coupe unique de groupes économiques qui ne voudraient défendre que leurs intérêts particuliers.
C'est pourquoi nous souhaitons des sources de financement diversifiées : collectivités locales, notamment les régions, le mécénat privé, par le biais de fondation, etc.
Merci pour cette explication ; effectivement, c'est une bonne idée.
Ecrit par : Un libéral | 24.11.2007
@Un Libéral.
Si effectivement vous trouvez que c'est une bonne idée, informez vos proches et faites connaître nos propositions ;-)
Ecrit par : Collectif pour les libertés étudiantes | 24.11.2007
Assez d'accord avec le manifeste du CLE, par contre nous ne parlerions pas de sélection.
La sélection n'est utile et n'a de sens que si elle se fait sur des individus qui ont pu exprimer le niveau que leur potentiel leur permettrait d'exprimer.
Or le pseudo égalitarisme des pédagogistes qui a délabré les
enseignements scolaires avant le bac ne permet plus justement de sélection saine.
Les parcours scolaires sont uniquement maintenant déterminés par la capacité des parents a pallier aux déficiences des enseignements. C'est pour cela que la
sociologie des grandes écoles ne dépend plus que des parents.
Donc il serait peut être plus judicieux de parler d'orientation en rapport avec les "goûts et capacités" en vue de "l'insertion professionnelle".
Ecrit par : CNEF | 29.11.2007
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